Telegram Open Network : Une plateforme pour cryptomonnaie et applications décentralisées

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Telegram, la plateforme de messagerie sécurisée, prévoit de se lancer dans la technologie Blockchain et que de créer sa propre cryptomonnaie.

♻️ 22 fév.

Telegram Open Network, French

Nouvelles autour de l'ICO TON de Telegram

Pavel Durov aurait convaincu plusieurs investisseurs, dont des géants
de la Silicon Valley de lui confier la coquette somme de 850 millions de dollars.

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♻️ 10 jan. : Nous avons eu accès au document qui servirait d'introduction au livre blanc de TON et avons mis à jour cet article pour correspondre aux nouveaux éléments en notre possession.

Sommaire

  1. Introduction
  2. Levée de fonds
  3. Le réseau ouvert de Telegram (TON)
  4. Tout comme WeChat, mais avec une cryptomonnaie
  5. Structure du réseau TON
  6. Portemonnaie TON et applications décentralisées
  7. External Secure ID
  8. Feuille de route
  9. Sur les frères Durov
  10. Conclusion

Telegram Open Network, blockchain de 3e génération

Introduction

C'est dans un livre blanc de 132 pages que Telegram a défini les lignes de son projet. La cryptomonnaie permettra des paiements à l'intérieur de l'application de messagerie, mais aussi au-delà. Selon les sources de TechCrunch, le Telegram Open Network (TON) sera une nouvelle blockchain, de troisième génération, dont les capacités dépasseraient largement les cryptomonnaies qui ont ouvert la voie de l'innovation (le Bitcoin étant de la première et l'Ethereum de la seconde génération).

Le financement de cette plateforme ouverte sera réalisé à travers une offre initiale (ICO), avec des ventes privées de plusieurs centaines de millions de pièces ; ce qui en ferait sans doute la plus grande levée de fonds réalisée dans le domaine des cryptomonnaies. Le succès de cette levée de fonds est quasi-certain, du fait que Telegram possède d'ores et déjà un produit, une infrastructure, une plateforme et des millions d'utilisateurs à travers le monde ; contrairement à la grande partie des ICO que nous avons connues et qui visaient à lancer des startups parfois sans aucune expérience.

L'adoption d'une cryptomonnaie interne devrait rendre le système de paiement de Telegram fortement indépendant des États et des banques – un point qui importe fortement au co-fondateur et PDG Pavel Durov. Outre ceci, le potentiel offert par l'intégration d'une cryptomonnaie à l'intérieur d'une application de messagerie, de façon native, est énorme. Avec des paiements en cryptomonnaie à l'intérieur de Telegram, les utilisateurs seraient totalement libres de commercer, de réaliser des virements et d'en recevoir, quelle que soit leur origine géographique ou leur nationalité. Ceci est aussi garanti par la sécurité et le cryptage qu'offre actuellement la plateforme.

Levée de fonds

Telegram envisageraient donc de lever une somme de 500 millions de dollars étasuniens lors de l'offre initiale, et viserait une capitalisation totale initiale de 3 à 5 milliards.

Cette vente devrait avoir lieu en mars 2018 et si elle est réussie, elle serait la plus grosse vente privée réalisée dans l'écosystème des cryptomonnaies, dépassant Tezos, qui avait amassé plus de 230 millions de dollars en juillet 2017. La vente initiale sert à atteindre un but minimal d'investissement et offre généralement des remises aux premiers ou aux gros investisseurs. Une vente publique s'en suivra alors, pour ouvrir la voie à des investisseurs plus petits mais plus nombreux, dont la confiance pourrait se baser sur la réussite de la prévente.

Les investisseurs initiaux pourraient avoir à placer un minimum de 20 millions de dollars, s'ils ne font pas partie du cercle interne de Pavel Durov. Les sources de TechCrunch expliquent que l'ICO serait réalisé en monnaie fiduciaire (comme le dollar), et non en cryptomonnaie comme les autres ICO de cet écosystème.

Des fonds d'investissement de premier plan ont manifesté leur intérêt, mais il est dit que Durov se méfierait de leur argent et des implications que cela pourrait avoir.

Le réseau ouvert de Telegram (TON)

L'idée de Durov est de créer une nouvelle blockchain, en utilisant les 180 millions d'utilisateurs de la plateforme pour booster l'adoption de masse des cryptomonnaies ; faisant de Telegram le premier réseau en raison de sa taille et de son infrastructure déjà existante et éprouvée.

D'après le livre blanc, dont TechCrunch a pu lire quelques parties, la cryptomonnaie s'appellerait le Gram et pourrait acquérir une adoption de masse immédiate en étant intégrée dans l'application de messagerie Telegram.

Selon certaines sources, Durov aurait décidé de combiner des infrastructures centralisées et décentralisées ; car un réseau décentralisé n'évoluerait pas aussi vite que nécessaire – d'où aussi la nécessité que Telegram possède sa propre blockchain.

Tout en créant une véritable crypto-économie à l'intérieur de son application, la blockchain de Telegram le protégerait des attaques et des accusations d'État-nations comme l'Iran, où 40 % du traffic Internet est temporairement bloqué suite à la vague nationale de manifestations contre le gouvernement. Telegram y est d'ailleurs dans une position délicate, essayant de garder ses utilisateurs iraniens tout en acceptant de fermer certaines chaînes appelant à la chute du gouvernement, tout en gardant ouvertes celles qui appelaient à des manifestations pacifistes.

Tout comme WeChat, mais avec une cryptomonnaie

Avec TON, Telegram vise à développer un outil de paiement basé sur la cryptomonnaie, comme WeChat l'avait fait avec le paiement fiduciaire pour devenir un des principaux mécanismes de paiements en Chine, voire le plus utilisé.

Alors que les paiements peuvent être réalisés rapidement dans WeChat pour une variété de services, le système reste centralisé. Une plateforme décentralisée comme TON offrirait plus de sécurité et de fiabilité.

Selon certaines sources, Telegram prévoit de permettre aux utilisateurs de conserver tant le Gram que de la monnaie fiduciaire dans leur portefeuille.

Ce réseau devrait aussi bénéficier de l'infrastructure de paiement actuellement intégrée dans Telegram, qui permet à certains bots et services tiers de vendre des biens et des services sur la plateforme de messagerie.

Structure du réseau TON

Dans son livre blanc de 132 pages, Telegram révèle un projet sur quatre étapes :

Services TON : Plateforme pour les services tierces de tout type, offrant des interfaces adaptées aux smartphones, des applications décentralisées et des smart contracts.

Service de noms de domaines TON (DNS) : Assignera des noms "lisibles" aux comptes, aux smart contrats et aux nœuds du réseau. Grâce au DNS TON, l'accès aux services décentralisés serait aussi facile que de visiter un site Web.

Paiements TON : Plateforme de micro-paiements et réseaux de chaînes de micro-paiements. Vise à être utilisé pour des transferts de valeurs "hors chaîne" entre les utilisateurs, les bots et les autres services. Des sécurités seront mises sur le réseau pour s'assurer que ces transferts seront aussi sécurisés et fiables que des transactions sur la blockchain.

Blockchain TON : Consistera en une chaîne-mère et 292 blockchains filles. Son aspect le plus important est d'offrir le « paradigme d'ombrage infini », qui assurera l'adaptabilité (scalability) du réseau. Ainsi, la blockchain TON sera capable de se scinder et de se restructurer automatiquement pour soutenir la charge du réseau. Les nouveaux blocs seront générés très vite, et l'absence de longues files d'attente gardera les frais de transaction très bas, avec des temps de vérifications minimes ; assurant ainsi un écosystème viable, même lorsque les services de la plateforme gagneront en popularité.

Stockage TON : Utilisera une technologie de stockage distribué, accessible à travers le réseau TON P2P et permettra de stocker tout type de fichiers, avec une technologie d'accès semblable à celle utilisé par le protocole Torrent, et des contrats intelligents pour assurer la sécurité, l'authenticité et la disponibilité des fichiers. Cette technologie ne permettra pas uniquement des services de stockage à l'instar de Dropbox, mais ouvrira aussi la route à des applications décentralisées qui requièrent de grands espaces de stockage, comme YouTube, ou Telegram.

Proxy TON : Couche qui permet de cacher l'identité des utilisateurs, ainsi que les adresses IP des nœuds TON. Similaire au réseau I2P (Invisible Internet Project), cette couche créera des services VPN décentralisés et des alternatives à TOR sur la blockchain, afin de garantir l'anonymat des utilisateurs. En mêlant cette technologie au DNS TON et au réseau TON P2P, il sera possible d'immuniser n'importe quel service (Telegram inclus) contre la censure.

Un système de routing instantané en hypercube sera aussi créé pour permettre à la blockchain de maintenir une vitesse optimale lorsque l'utilisation augmente. Son approche en Proof of Stake permettra d'atteindre un consensus à travers une variante du protocole « Byzantine Fault Tolerance », gagnant encore en efficacité et en vitesse. Les registres utilisés permettront la création de nouveaux blocs même basés sur des blocs incorrects, pour éviter les forks inutiles ; en d'autres termes : TON pourra se réparer tout seul.

Cette blockchain de 3e génération sera basée sur un système de Proof of Stake dynamique, sécurisé par plusieurs pairs avec un haut degré de tolérance aux erreurs. Au lieu de se fier à un système de preuves de travail pour créer la monnaie, Telegram utilisera donc un système moins gourmand en énergie, et qui ne nécessite pas le minage.

Comme définie, cette « interchain » à ombrage dynamique devrait être capable de gérer un nombre de transaction largement supérieur aux cryptomonnaies actuelles, et d'atteindre une vitesse de 1 million de transactions par seconde. En d'autres termes, une plateforme similaire au projet Polkadot, mais avec une base existante de 180 million d'utilisateurs.

Portemonnaie TON et applications décentralisées

L'architecture TON permettra l'existence de portemonnaies légers, qui pourront fonctionner sur mobile sans consommer davantage de ressources. Ces portemonnaies seront intégrés à l'intérieur des applications de messagerie Telegram, permettant à des millions d'utilisateurs de stocker leurs fonds sur la blockchain TON. Les utilisateurs seront seuls possesseurs de leurs clés privées et en auront le contrôle total.

Les applications mobile et bureau feront aussi office de clients TON, pour permettre des transferts sécurisés à l'intérieur de la blockchain TON et pour interagir avec les contrats intelligents et les applications décentralisées. Telegram offrira aussi des interfaces faciles pour que les utilisateurs puissent envoyer des pièces de monnaie à leurs contacts, ainsi que payer et fournir des services sur la plateforme.

Le portemonnaie TON, intégré dans l'application de messagerie Telegram, deviendrait instantanément le portefeuille de cryptomonnaies le plus utilisé au monde.

Comme nous l'avions dit précédemment, les pièces échangées sur le réseau TON seront appelées « Gram » et auront le symbole de pierre précieuse 💎 (emoji :gem:). Le Gram servira de monnaie principale de l'économie interne de Telegram, et comme toute autre cryptomonnaie, pourra être transféré à l'extérieur de Telegram, vers des plateformes de change, par exemple.

External Secure ID

Selon Tokenmarket, 84 % des projets basés sur la technologie Blockchain possèdent une communauté active sur Telegram, plus que sur toutes les autres plateformes de messagerie combinées. Forbes a défini Telegram comme « la messagerie préférée du monde des cryptomonnaies » et a indiqué que « Telegram est à la cryptomonnaie ce que Snapchat est aux adolescents. ».

Pour cette raison, Telegram compte offrir un système d'identification universel et sécurisé. Après avoir passé les étapes de vérification d'identité (KYC-AML) sur Telegram, les utilisateurs possèderont un passeport virtuel pour s'enregistrer et s'identifier à des services qui nécessitent ce genre de vérification d'identifié ; facilitant ainsi l'entrée de tout le monde dans la cryptomonnaie.

Les données privées (tels les scans de passeports) seront stockées et cryptées par une clé privée qui n'est connue que de l'utilisateur. Les serveurs distribués de Telegram (et la blockchain TON) n'auront pas accès à ces données, mais en stockeront uniquement une empreinte (hash) pour certifier que les données ont bien été authentifiées lorsque l'utilisateur a reçu son Secure ID. Les tierces parties auront la possibilité d'ajouter des données à ces passeports virtuels.

Feuille de route

Le livre blanc explique que la monnaie aura au total 200 millions de Grams. 4 % seront réservés à l'équipe de développement de Telegram, avec une période d'acquisition de 4 ans. Telegram prévoit aussi de garder 52 % des pièces pour protéger la monnaie de la spéculation et pour maintenir sa liquidité et sa flexibilité. Les 44 % restant seront vendus lors des ventes privées et publiques.

La cryptomonnaie sera disponible sur les plateformes de change externes, ainsi qu'à l'intérieur de l'application Telegram.

  • Telegram compte lancer son système d'identification en ligne External Secure ID au premier trimestre de cette année.
  • Le produit minimum viable de TON (une sorte de version de démonstration) devrait aussi être lancé avant la fin du premier trimestre.
  • Le portefeuille Telegram devrait être disponible au quatrième trimestre 2018.
  • L'écosystème et l'économie construits sur TON pourraient débuter au premier trimestre 2019.
  • Le reste des services TON suivra au second trimestre 2019.

Sur les frères Durov

Pavel et son frère Nikolai Durov, un génie des mathématiques, furent derrière la création de VK (Vkontakte), réseau social russe semblable à Facebook, dont la valeur est estimée à 3 milliards de dollars. Les frères Durov furent forcés de vendre leurs parts de la compagnie à des actionnaires proches du gouvernement de Poutine. Pavel, qui a réussi à négocier une grosse prime de départ, affiche désormais une méfiance assumée envers les investisseurs.

Pavel Durov

Pavel aurait quitté la Russie avec 300 millions de dollars et 2 000 bitcoins, et, après avoir acheté une résidence à Saint-Christophe-et-Niévès, passe son temps entre Londres, Dubai et – lorsque c'était possible – la Russie.

Ce nouveau projet de Telegram pourrait le propulser à nouveau dans la fortune, tout en transformant sa plateforme de messagerie en un vaste réseau de paiement protégé de toute influence et ingérence gouvernementale.

Conclusion

L'intégration de TON à Telegram ouvrir à des millions d'utilisateur une voie facile vers les cryptomonnaies. L'application de messagerie Telegram ne montrera pas uniquement l'exemple en termes de possibilités offertes par TON, mais inclura aussi des fonctionnalités uniques à la plateforme TON, renforçant les bases de Telegram et de son écosystème déjà en place.

Certains commentateurs, comme Jackson Palmer (fondateur du Dogecoin) parlent d'un projet créé dans le but de rentabiliser Telegram, une plateforme qui compte 150 millions d'utilisateurs et qui a su se garder neutre et exempte de monétisation depuis son lancement en 2014.

Ce qui est certain, c'est que la plateforme, telle que décrite par TechCrunch, permettrait une adoption massive des cryptomonnaie et des technologies décentralisées ; poussant l'efficacité plus loin qu'aucun autre réseau n'ait su le faire – que ce soit le Bitcoin ou l'Ethereum –, avec une facilité d'adoption accrue et la possibilité d'offrir à chaque personne dans le monde un moyen d'envoyer et de recevoir des paiements.


😎 Nous attendons l'annonce officielle de Telegram, et la publication du livre blanc. Restez attentifs ; nous analyserons ce projet dans ses moindres coutures.

📚 Sources

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